Les derniers feux du palais de Saint-Cloud

Par Nicolas Chaudun

Du palais royal et impérial de Saint-Cloud, bombardé par les Parisiens assiégés en 1870, il ne reste rien. Ou presque. Ses fondations intactes nous en disent l’emprise exacte. Les archives nous en rappellent la position éminente dans notre histoire moderne : la retraite bénie de Marie-Antoinette, le coup d’Etat du 18 brumaire, la proclamation du Second Empire… Et, surtout, une exceptionnelle documentation graphique en restitue, pièce par pièce, presque, les splendeurs évanouies. L’impératrice Eugénie avait ainsi commandé à l’aquarelliste Désiré de Fournier la reproduction des principaux salons, Napoléon III, au photographe Pierre-Ambroise Richebourg la couverture méthodique des intérieurs et des extérieurs qui fit l’objet d’un album aujourd’hui célèbre.

C’est à partir de ces photos que l’exposition, produite en collaboration avec le Mobilier National, entend restituer tout le faste d’une demeure de rois. Les tirages de Richebourg sont en effet confrontés aux meubles et aux objets d’art qu’on y distingue. Identifier dans l’image, comme le ferait un enfant, ces rescapés impeccablement restaurés n’est pas le moindre des attraits de cette exposition chatoyante et un rien nostalgique. Une nostalgie qui risque de suffire à réveiller le projet un peu fou – un peu tarte – d’une reconstruction à l’identique du palais, toujours dans les cartons. On serait curieux, en effet, de savoirs par quel procédé et par la grâce de quel artiste, les promoteurs de cette fantasmagorie entendent restituer les plafonds carbonisés de Pierre Mignard pour la galerie Apollon !

« Les Derniers feux du palais de Saint-Cloud » : du 10 octobre 2019 au 23 février 2020, au musée des Avelines (Saint-Coud)

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