Stéphane Bern, le héraut du patrimoine

Par Nicolas Chaudun

Il aurait pu rester le fou du roi mais, peu à peu, Stéphane Bern a pris de l’épaisseur.

Sa passion a plus fait pour l’Histoire que le ministère de l’Éducation nationale. Et c’est bien l’Histoire que nous content les pierres. C’est pourquoi Bern s’est naturellement engagé dans la lutte en faveur de notre patrimoine. Il a gagné là un grand crédit. Avec le succès du loto du patrimoine, nul ne lui conteste son rôle de « lanceur d’alerte ».

Et c’est bien l’alarme qui résonne à chaque page de Sauvons notre Patrimoine. Des 44 000 édifices classés Monuments historiques, 12 000 se trouvent délabrés, voire en état de péril ! Et que dire de ceux qui ne bénéficient d’aucune protection, constructions modestes, mais significatives d’un art de faire menacé d’oubli ?

Sincère et pédagogue

Bern ne réinvente certes pas la notion de patrimoine : fruit du génie des peuples, celui-ci forge « notre identité heureuse » ; il est aussi une aubaine économique, pourvoyeuse de savoir-faire et d’emplois. L’auteur ne veut pas plus le réduire à la trilogie temples-châteaux-palais, reconnaissant aux témoins de l’activité industrieuse valeur de sanctuaire… Alors quoi ? Bern a su trouver les mots ! Simple, sincère, pédagogue toujours, il trouve encore le courage de déplorer le désengagement de l’État alors que sa mission devrait l’inviter à plus de complaisance ; il réclame un peu plus de pragmatisme, quand un unanimisme suspect nous commande de planter des éoliennes jusqu’au pied des flèches de Chartres… Rien de neuf, donc, mais, en revanche, des accents de sincérité propres à mobiliser le plus grand nombre.

Sauvons notre patrimoine par Stéphane Bern, Plon, 240 pages, 17 €

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