Le palais moderne du maharajah d’Indore

Par Catherine Zerdoun

Au musée des Arts décoratifs se tient une très belle exposition consacrée au palais Manik Bagh, le « Jardin des rubis », et à son commanditaire, Yeshwant Rao Holkar II, maharajah d’Indore. Fasciné par les avant-gardes européennes, ce prince éduqué à Oxford confia à l’architecte berlinois Eckart Muthesius la conception de la toute première construction moderniste de l’Inde (1930-1933), glorifiant le métal et le verre, le géométrique et le tubulaire.

Conseillés par le marchand d’art et collectionneur Henri-Pierre Roché, futur auteur de Jules et Jim, le maharajah et son épouse firent appel aux plus grands noms du design de leur époque pour l’aménagement et l’ameublement de leur demeure. Parmi eux, Jacques-Émile Ruhlmann, Charlotte Perriand, Le Corbusier, Eileen Gray, Louis Sognot et Charlotte Alix ou encore Jean Puiforcat, qui réalisa pour le couple princier diverses pièces d’orfèvrerie, et Constantin Brancusi, dont les sculptures-oiseaux trouvèrent place dans les jardins du palais.

C’est cet ensemble unique, dispersé lors d’une vente à Monaco en 1980, qui revit le temps de cette exposition magnifiquement scénographiée par l’agence bGc Studio. À l’entrée, le visiteur est accueilli par un gigantesque portrait du maharajah et de la maharani Sanyogita Bai Devi, signé Man Ray, qui les photographia à plusieurs reprises. Une illustration particulièrement éloquente de la sensibilité aux avant-gardes européennes de ces souverains assurément hors normes.

« Moderne Maharajah, un mécène des années 30 » : jusqu’au 12 janvier 2020, au musée des Arts décoratifs (Paris)

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