Venise en eaux troubles

Par Delphine Duchêne

Date de publication : 07/12/2019

La Sérénissime, qui accueille 36 millions de touristes par an, se relève difficilement de l’acqua alta qui l’a frappée en novembre dernier. Ce pic de marée, phénomène naturel à l’automne et au printemps, voit son intensité et donc son impact augmentés par le réchauffement climatique. Avec 187 centimètres de hauteur d’eau, 80 % de la ville a été submergée lors de la nuit du 12 au 13 novembre 2019, et le patrimoine vénitien en souffre.

L’une des préoccupations majeures porte sur la basilique Saint-Marc. L’eau s’est aujourd’hui retirée, mais le sel imprègne l’intérieur de l’édifice et abîme le marbre et les mosaïques. Si les collections des grands musées, comme le palais des Doges ou le musée Ca’Rezzonico, ont pu être mises à l’abri à temps, de nombreux autres monuments sont atteints. Tous ou presque ont rouvert dès le 15 novembre 2019, mais l’eau de mer a fragilisé leur structure. Ironiquement, la célèbre librairie Acqua Alta a perdu nombre de ses ouvrages dans l’inondation. Le maire estime à un milliard d’euros les dégâts pour la ville ; vingt millions ont déjà été débloqués en urgence par l’État italien. Un projet de digue artificielle immergée pour préserver la ville lors des prochaines marées est à l’étude depuis plusieurs années. Il sera bientôt trop tard…

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