Quand l’architecture s’inspire de la nature

Par Delphine Duchêne

Date de publication : 10/12/2019

Que peuvent apporter à l’architecture le scarabée, le lézard « diable cornu » ou la feuille du charme ? Les élytres du premier sont un modèle de fibres légères et ultrarésistantes, le deuxième s’hydrate dans le désert grâce à un réseau très élaboré de rainures sur sa peau et la dernière possède une structure pliable qui s’adapte aux conditions extérieures.

Autant de pistes de réflexion pour l’auteur, l’architecte Michael Pawlyn, fervent défenseur du biomimétisme, processus d’inspiration des techniques du vivant dont il présente ici les perspectives dans son domaine. Il ne s’agit pas seulement d’imiter les formes animales ou végétales, mais de replacer l’humain dans l’écosystème mondial en faisant preuve d’humilité : nous avons beaucoup à apprendre d’organismes ayant survécu à la dure loi de l’évolution. Grâce à l’observation et à la reproduction de mécanismes naturels, nous pourrions utiliser des matériaux de construction plus efficaces et durables, en plus petites quantités, éliminer la notion de déchet, optimiser l’utilisation de l’eau et de l’énergie dans les bâtiments.

Membre de plusieurs projets biomimétiques, Michael Pawlyn travaille aujourd’hui sur le Sahara Forest Project, dont l’objectif est de revégétaliser des zones arides en utilisant uniquement des ressources renouvelables telles que l’énergie solaire ou l’eau de mer. En rappelant que l’humain ne s’oppose pas à la nature, mais qu’il en fait partie, l’auteur nous invite à repenser nos modes de conception et de production architecturaux.

Michael Pawlyn, Biomimétisme et architecture, Rue de l’échiquier, 232 pages, 26 €

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