Otto Wagner, père de la ville moderne ?

Par Nicolas Chaudun

Date de publication : 03/01/2020

Il n’est guère dans les usages de chroniquer les catalogues d’exposition sous les rubriques « Livres » des magazines. Usage bientôt dépassé tant la catégorie s’émancipe des contraintes du genre pour prendre place parmi les authentiques livres d’art. C’est le cas de l’ouvrage accompagnant l’exposition Otto Wagner, maître de l’Art nouveau viennois, actuellement présentée à la Cité de l’architecture et du patrimoine. On a tout dit, ici ou là, de l’événement : l’affolante profusion de dessins, photos, mobilier, restitutions d’intérieurs… qui, jusqu’au 16 mars 2020, démontre la sidérante créativité du plus ferme adepte du concept d’œuvre d’art total (Gesamtkunstwerk).

Un catalogue classique aurait sagement reproduit les œuvres de ce dessinateur hors pair à côté de leurs notices non moins strictement agencées, avec, à la clef, l’ennui et, immanquablement, le bruit mat du lourd volume contre le parquet. Rien de semblable ici. Et cela grâce à l’enthousiasme et à la fantaisie maîtrisée de l’éditeur Bernard Chauveau qui n’a visiblement pas voulu manquer l’occasion de faire un « livre total ».

Ce bel entrain se communique au lecteur. Au lecteur, oui, puisque l’on dévore sans souffler les courts essais de contributeurs autrichiens et français pour se figurer enfin la personnalité si riche, si universelle, de Wagner, l’un des pères de la ville moderne. Ce livre fait un véhicule idéal au retour à « l’apocalypse joyeuse » et au paradis perdu de la Vienne fin de siècle.

Otto Wagner, maître de l’Art nouveau viennois, collectif, Cité de l’architecture et du patrimoine/Wien Museum/Bernard Chauveau Édition, 320 pages, 44 €

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