Un premier point sur le chantier de Notre-Dame au Sénat

Par Aliénor Harzo

Date de publication : 23/01/2020

Le général Jean-Louis Georgelin, président de l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, et Philippe Jost, son directeur général délégué, ont été entendus le 22 janvier 2020 au Sénat par la commission de la culture, de l’éducation et de la communication, présidée par Catherine Morin-Desailly. Neuf mois après l’incendie et presque deux mois après l’entrée en fonction de l’établissement public qui a pris le relais du ministère de la Culture le 1er décembre 2019, cette audition a permis de faire le point sur le chantier.

Aujourd’hui, l’arrêté de péril n’est pas levé et selon le général Georgelin, « il est trop tôt pour assurer que la cathédrale est sauvée ». L’inspection – grâce à l’installation d’un plancher sur les murs gouttereaux au niveau de la nef – des voûtes et de l’état des mortiers sera déterminante car on ignore encore comment ces mortiers ont résisté aux variations de températures et à l’eau. Mais avant cela, l’échafaudage doit être démonté et un nettoyage complet de l’édifice et de la zone du chantier entrepris pour faire baisser le niveau de plomb. Le diagnostic complet pourra alors être réalisé et les études de restauration finalisées. Puis des études de programmation et de consultation seront lancées, afin de pouvoir entamer les travaux de restauration dans le courant de l’année 2021. Si le délai de 5 ans a suscité de nombreuses interrogations parmi les sénateurs, Jean-Louis Georgelin, après avoir fait remarquer que « la cathédrale est en chantier depuis 1163 », a assuré : « nous pourrons y arriver et la rouvrir au culte dans 5 ans ».

Faites confiance à ceux dont c’est le rôle de décider

Jean-Louis Georgelin

Quant aux formes que prendra la restauration, cette audition n’a rien apporté de nouveau. Concernant la flèche, c’est durant le premier semestre 2020 que sera définie la forme que prendra la consultation et le processus de décision. Décision qui, pour reprendre les mots du général, « préservera l’identité historique, artistique et architecturale du monument ». Pas davantage d’informations sur le choix des matériaux ou l’aménagement du parvis : « faites confiance à ceux dont c’est le rôle de décider […] nous avons le devoir de restaurer cette cathédrale et nous allons le faire bien, pour des siècles ». Mais qui décide ? La commission a émis de multiples interrogations à ce propos.

L’établissement public administratif créé par la loi du 29 juillet 2019 a pour mission principale d’assurer la conduite du chantier de restauration de la cathédrale, sous la tutelle du ministère de la culture. Il est donc soumis au contrôle scientifique et technique du ministère de la Culture et le choix des membres de l’équipe – dont l’effectif devrait compter à terme une quarantaine de personnes choisies pour leur expérience dans la maîtrise d’ouvrage de restauration – est également fait en liaison avec le ministère. « L’avis de la Commission nationale de l’architecture et du patrimoine sera pris en compte » a annoncé le président de l’établissement public au terme de son audition. En 2020, cette commission devra en effet examiner les options pour la charpente et proposer le meilleur parti de restauration.

Prochainement, afin d’assurer son travail de suivi, la commission de la culture, de l’éducation et de la communication recevra l’architecte en chef des Monuments historiques, Philippe Villeneuve pour une audition et devrait se rendre sur le chantier de la cathédrale.

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