Éolien : le vent tourne !

Par Maïlys TRUBERT

Date de publication : 28/01/2020

« Le consensus sur l’éolien est en train de nettement s’affaiblir dans notre pays » a déclaré Emmanuel Macron lors d’une table ronde sur « L’écologie dans nos territoires » à Pau, le 14 janvier 2020. Serait-ce une prise de conscience officielle des vertus limitées de cette énergie ? On l’espère d’autant plus que le président reconnaît lui-même : « Soyons lucides : la capacité à développer massivement l’éolien terrestre est réduite », admettant « qu’on ne peut pas imposer l’éolien d’en haut. »

Les projets éoliens continuent pourtant de menacer la sérénité des territoires, tel celui dit des Grands Pâtureaux, situé sur les communes de Genouilly (Cher) et de Maray (Loir-et-Cher). La population locale s’avère particulièrement mal informée, à l’instar de Christophe Rollet, éleveur à Saint-Georges-sur-la-Prée, une commune voisine, qui n’a pas été prévenu du projet bien avancé d’installation de 10 éoliennes lorsqu’il a acheté des terrains pour compléter sa propriété en février 2019. Ayant créé avec d’autres habitants l’association Protection nature environnement et paysages, il s’emploie désormais à alerter sur ce qu’il qualifie d’« aberration écologique ». Une telle implantation serait en outre destructrice du patrimoine, la zone affectée comptant trois monuments protégés : le prieuré de Grandmont, le château de la Maisonfort et l’église Saint-Symphorien de Genouilly.

Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. 7 950 éoliennes sont présentes sur notre territoire, et 7 000 supplémentaires envisagées alors que les conflits juridiques se multiplient. En plus des nuisances sonores et de la dévaluation immobilière, le coût écologique de leur démantèlement est préoccupant. Car les pales nécessitent des métaux rares, à l’extraction polluante et au recyclage incertain. L’effet sur le changement climatique de ces moulins à vent modernes est en fin de compte dérisoire, voire contre-productif : depuis que l’Allemagne a abandonné le nucléaire pour privilégier l’éolien et le photovoltaïque, elle est devenue le plus gros pays européen émetteur de CO2…

Soyons lucides : la capacité à développer massivement l’éolien terrestre est réduite.

Emmanuel Macron

Des solutions alternatives à l’éolien existent pourtant, plus respectueuses des paysages et conformes à la véritable écologie. Le solaire et l’hydraulique constituent ainsi « deux réserves formidables de ce qui est un modèle français du renouvelable » dans les termes du président Macron. Un meilleur bilan énergétique pourrait être aussi atteint en investissant dans la production de chaleur renouvelable (géothermie). Ou tout simplement par la réduction du gaspillage énergétique grâce à une meilleure isolation des bâtiments. C’est l’une des pistes préconisées dans le programme alternatif à la Programmation pluriannuelle de l’Énergie (PPE) déposé le 15 janvier 2020 par une vingtaine d’associations régionales et nationales. À condition de faire les bons choix et d’associer les acteurs des territoires, transition énergétique et protection de l’environnement peuvent être compatibles.

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