Mobilisation anti-éolien dans les Pays de la Loire

Par Maïlys TRUBERT

Date de publication : 07/02/2020

Depuis la déclaration d’Emmanuel Macron le 14 janvier 2020, les voix contre l’éolien se font de plus en plus entendre dans les médias. Le 6 février 2020, Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France (la région comptant le plus d’éoliennes en France) a redit sur France Info : « Chez moi il y en a trop. Je dis au président de la République : stop au développement de l’éolien terrestre. » Il avait déjà énoncé les raisons de son opposition en août 2018 sur BFM TV : « Ça coûte les yeux de la tête, ça ne crée pas d’emplois et en plus ça détruit nos paysages ». Xavier Bertrand est néanmoins prêt à accepter les éoliennes flottantes, dernière innovation de la filière. Elles sont plus coûteuses que celles posées en mer, mais ont l’avantage de pouvoir être implantées loin des côtes, à l’écart des zones de pêche, tout en étant plus facilement démantelables.

L’exaspération contre l’éolien terrestre a conduit plus de 50 associations et personnalités des Pays de la Loire à demander, le 21 janvier 2020, un moratoire à Christelle Morançais, présidente de la Région, ainsi qu’au préfet, Claude d’Harcourt. Rien que dans les Pays de la Loire, plus de 1061 éoliennes sont présentes ou en projet. La Loire-Atlantique et la Vendée sont particulièrement touchées, avec respectivement 357 et 350 mâts en service ou programmés.

Pour Bernadette Kaars, présidente de la Fédération Vent d’Anjou, à l’antenne de RCF le 30 janvier, « ces éoliennes sont basées sur un malentendu, la plupart des gens pensent qu’elles sont écologiques […]. Or, l’Assemblée nationale vient de nous confirmer qu’elles n’ont aucun impact sur nos émissions de gaz à effet de serre ». Parmi les signataires du moratoire, Philippe de Villiers, dont la Cinéscénie au Puy du Fou (Vendée) est menacée par deux parcs éoliens : un « danger de mort » pour le spectacle selon ses propres termes, le « mur de clignotants rouges » des éoliennes « polluant le cône de visibilité nocturne ».

Selon les signataires, les nuisances à la fois visuelles, sonores et psychologiques des aérogénérateurs, pourtant reconnues par l’Académie de médecine, ne peuvent être plus longtemps niées par les pouvoirs publics. Ils citent l’exemple frappant de la mort en cinq ans de 300 animaux dans deux exploitations agricoles de Puceul (Loire-Atlantique). Les vaches de Murielle et Didier Potiron reçoivent ainsi régulièrement des décharges électriques, générées par le champ magnétique des éoliennes, accentué par la présence d’eau et de failles rocheuses sous leur exploitation.

Et partout en France, nombre d’habitants voisins d’éoliennes présentent les mêmes symptômes : acouphènes, maux de ventre et insomnies. Un « syndrome éolien » qui s’évanouit hors du champ des aérogénérateurs… Les riverains déplorent surtout que les études de faisabilité ne s’intéressent qu’à l’aspect technique, sans prendre en compte la dimension humaine. Les citoyens sont peu consultés et les troubles rapportés minimisés ou imputés à d’autres causes.

Un moratoire de deux ans permettrait d’étudier avec objectivité les effets réels de l’éolien sur la santé animale et humaine, l’écologie et les paysages. En attendant, les associations ligériennes réclament la suspension immédiate de tout nouveau projet, au nom du principe de précaution. Espérons que ce vent de contestation suscitera la tenue d’un vrai débat sur ce que Fabien Bouglé, dans son enquête Éoliennes : La face noire de la transition écologique, parue en octobre 2019, qualifie d’« arme de destruction massive de l’environnement ».

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