Patrimoine versus catastrophe

Par Armelle Fémelat

Date de publication : 13/02/2020

Une journée d’études intitulée « Patrimoine et catastrophe » s’est tenue à Paris, le 6 février 2020. Fruit de la rencontre entre des élèves conservateurs de l’Institut national du patrimoine (INP) et des doctorants en droit du patrimoine et droit de l’art de l’Institut des sciences sociales du politique (ISP), elle s’est articulée autour de deux grandes questions : affronter et anticiper la catastrophe.

Un aréopage de spécialistes et d’experts venus de tous bords (Fondation des sciences du patrimoine, Scientifiques au service de la restauration de Notre-Dame de Paris, École nationale des Chartres, Croix-Rouge française) a succédé à la sociologue Nathalie Heinich, ayant décrypter les valeurs révélées par le dramatique incendie du 15 avril 2019. Après la communication dressant le bilan de l’effondrement des archives de Cologne (3 mars 2019), une table-ronde est revenue sur les récentes tragédies de l’incendie de la cathédrale de Paris, des pertes patrimoniales advenues au Brésil et de celles générées par le tsunami et l’accident nucléaire de Fukushima en 2011. Entre autres intervenants, le directeur de l’urgence et du secourisme à la Croix-Rouge, Patrice Dallem, membre du Bouclier bleu (BbF), relai en France de l’organisation internationale qui œuvre à la sauvegarde du patrimoine dans les situations critiques de guerre et de catastrophe naturelle.

Centré sur la prévention, le second temps de cette très riche journée a débuté par une conférence de Delphine Misonne (directrice du Centre d’Étude du droit de l’environnement (CEDRE)) sur les changements climatiques et le patrimoine. Une table-ronde a ensuite envisagé différentes manières de prévenir les risques, en s’arrêtant sur deux actions en cours : l’exposition thématique « Climat-Océan » proposée au Musée Maritime de La Rochelle jusqu’au 31 octobre 2021, et le projet collaboratif ALeRT voué à la préservation des sites archéologiques littoraux. Objets de discussion également, la réflexion menée au sein de la direction générale des Patrimoines en faveur du patrimoine culturel immatériel, ainsi que les manières de prévenir la sur-fréquentation des sites naturels préconisées par la Société française pour le droit de l’environnement (SFDE).

De bons réflexes à intégrer, des idées utiles à diffuser, car nul n’est jamais suffisamment préparé pour faire face à une catastrophe.

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