Pour restaurer la chapelle Saint-Jean d’Antibes

Par Maïlys TRUBERT

Date de publication : 25/02/2020

La charmante chapelle Saint-Jean d’Antibes (Alpes-Maritimes) va enfin pouvoir bénéficier de la rénovation qu’elle attend depuis des décennies. Édifiée au XVIIe siècle sur les restes d’un baptistère mérovingien du VIe siècle, c’est l’une des plus anciennes chapelles de la région. Autre particularité : elle appartient à la même famille depuis plus de deux siècles.

Ancienne dépendance de l’abbaye de Lérins, l’édifice de structure romane est entré dans la famille en 1765, après avoir été acquis aux enchères publiques par Jean-Antoine Cauvin. Ce dernier la transmet à sa fille Anne Élisabeth lors de son mariage en 1789 avec Henri Guide, officier dans le régiment de grenadiers royaux du Languedoc.

Dans la tourmente révolutionnaire, la chapelle est confisquée puis transformée en bien national. Henri Guide pourra fort heureusement la racheter en 1796, la sauver de la ruine et en faire la sépulture familiale, où sera honorée la mémoire de 13 de ses membres morts pour la France. Les 25 familles propriétaires du domaine (soit plus de 1 100 personnes, tous descendantes du couple Cauvin-Guide) sont aujourd’hui regroupées dans une association pour assurer la sauvegarde de l’édifice, inscrit au titre des Monuments historiques depuis 1989.

La chapelle est menacée par une remontée d’humidité ; il était donc urgent d’agir. Commencée en 2019, la restauration comprend principalement la mise hors d’eau, la réfection de la toiture et de la charpente, le décroûtage des murs et la remise en état du clocher aux tuiles vernissées, sans oublier l’aménagement pour les personnes à mobilité réduite.

Le montant des travaux est estimé à 750 000 euros. Grâce à un apport personnel et à l’énergie de ses propriétaires qui ont su obtenir les subventions de partenaires institutionnels et de la Fondation pour la sauvegarde de l’art français à hauteur de 400 000 euros, il ne reste plus que 100 000 euros à récolter. Un appel public aux dons ouvrant droit à une réduction d’impôts a donc été lancé. Espérons que, sensibles à la beauté de cette partie du patrimoine antibois, nombreux seront ceux qui aideront la chapelle à retrouver tout son éclat.

Partager sur :