Éolien, une gouvernance de croupiers

Par Nicolas Chaudun

Date de publication : 04/05/2020

Ce bonnet d’âne lui pendait au nez ; ça y est, Élisabeth Borne s’en est coiffée ! Tandis que l’Union européenne entreprenait de bannir le nucléaire de la nomenclature des énergies non carbonées (quelle drôle d’idée !), Élisabeth Borne promulguait, le 21 avril 2020, le décret précisant la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui nous engage jusqu’en 2028. Une programmation en parfait accord avec les orientations de l’Union et les intérêts de sa locomotive, l’Allemagne. À l’exception d’un discret coup de pouce à l’énergie photovoltaïque, cette loi fait le lit de l’éolien, du « tout éolien », terrestre comme maritime. Son préambule mentionne bien une « consultation du public réalisée du 20 janvier au 20 février 2020 », mais nulle part le texte n’en tient compte.

Taiseuse par nature, Mme Borne se révèle dans l’affaire et sourde et aveugle. Les citoyens ulcérés ? les multiples associations ? Ni vus ni entendus ! Il est vrai que la ministre de la Transition écologique et solidaire semble s’en remettre totalement aux susurrations de Mme Emmanuelle Wargon, sa secrétaire d’État qui, de haut-fonctionnaire ne porte que le titre, puisque, se moquant du bien public, elle se comporte en agent commercial zélé des turbiniers. On ne sait, du reste, laquelle de ces deux héroïnes coiffer du bonnet à oreilles. Sans doute nous faudra-t-il, entre deux masques, en confectionner un à quatre pavillons pour ces sœurs siamoises attachées par le nez, les leurs ayant fini par s’entremêler à force de mensonges.

En outre, la ministre se dédit. Rien ne subsiste de ses doutes publiquement exprimés ; rien non plus des interrogations présidentielles au sujet de l’éolien. Alors, nos gouvernants ont-ils une parole ? Mieux ! Ils ont deux discours. Dans ce royaume, il en va de l’environnement comme du patrimoine : on clame sa compassion… et puis on sort le knout.

Enfin, la crise sanitaire va laisser le monde à genoux, et la France ne tiendra même pas sur les siens. L’épisode a démontré une fois pour toute l’inanité de la technocratie, sans qu’on sache si cela changera quelque chose. Nous, citoyens, et nous seuls aurons à colmater un budget obéré comme jamais – et cette fois, peut-être, pour de bonnes raisons –  mais, en plus, il nous faudra supporter le surcoût astronomique d’une industrie énergétique, l’éolien, dont les entreprises françaises sont quasiment absentes ! Non seulement la machine d’État se trompe, non seulement elle ment, mais elle joue avec notre argent. Franchement, ne faut-il pas en finir avec cette gouvernance de croupiers ?

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