Le lent réveil des châteaux

Par Agathe Archambault

Date de publication : 28/05/2020

Encore un peu de patience ! Partout en France les châteaux réouvrent les uns après les autres. Si certains se sont hâtés dès le 11 mai 2020, d’autres attendent impatiemment les autorisations préfectorales tout en adaptant leurs parcours de visite. Quant aux châteaux du Centre des Monuments Nationaux (CMN) ils accueilleront leur public dès la mi-juin. 

« Réouvertures étagées » : c’est ce qu’à déclaré Philippe Bélaval, président du CMN, interrogé par l’AFP sur la réouverture de la centaine de monuments de ce réseau qui compte aussi bien des châteaux peu connus que des grands sites touristiques. Pas de date précise mais la promesse d’un réveil progressif d’ici début juin à la mi-juillet. Le temps nécessaire à un « examen monument par monument » pour permettre notamment de modifier les parcours de visite et créer des « conditions fiables pour les agents comme pour les visiteurs »

Vincennes, Carcassonne ou encore Pierrefonds doivent ainsi prendre leur mal en patience tandis que d’autres châteaux plus chanceux ont réouvert dès le 11 mai sous autorisation préfectorale. C’est le cas du Clos-Lucé de Léonard de Vinci, du château et des jardins de Villandry ou du château royal d’Amboise. Depuis cette date d’autres lieux sortent de leur sommeil forcé les uns après les autres : le Château de Chantilly propose depuis le 21 mai un parcours de visite aménagé ainsi que deux expositions. Le château de Foix a lui fait le choix d’une réouverture pour le week-end de la Pentecôte et ajustera par la suite ses jours d’ouverture en fonction de la fréquentation. Toujours fermé jusqu’à nouvel ordre, le château de Chambord offre néanmoins d’ores et déjà ses mille hectares de promenade aux visiteurs qui pourront ainsi l’admirer sous tous les angles, tout en découvrant la biodiversité de son parc.

Ailleurs, ce sont même certains évènements qui ont pu reprendre, comme au château de Blois où un spectacle son et lumière en extérieur a adapté sa jauge pour pouvoir continuer à se produire. Dans l’Yonne, le château de Saint-Fargeau a lui réouvert le 16 mai, mais les 700 bénévoles du spectacle historique qui a fait sa célébrité sont toujours dans l’attente des futures mesures gouvernementales, qui autoriseront ou non sa tenue au cours de l’été. Alors qu’au Puy du Fou, l’incertitude a été levée par le président de la République lui-même, le parc accueillera à nouveau son public dès le 11 juin. 

Les propriétaires privés ne sont quant à eux pas en reste. Le château du Lude, qui compte parmi les rares grands châteaux de la Loire encore habités, a décidé de réouvrir pour les week-ends de l’Ascension et de Pentecôte, ainsi que pour tous ceux du mois de juin. Situé au cœur du Périgord le château de Jumilhac s’est déconfiné au public dès le 11 mai tandis que le château de La Rochefoucauld en Charente espère une ouverture le 1er juin. Le propriétaire du château de Blancafort a lui signé avec une cinquantaine de responsables de lieux touristiques du Centre-Val de Loire un appel à la réouverture adressé à Emmanuel Macron et lancé par Stéphane Bern et François Bonneau, le président de cette région où le patrimoine représente un immense enjeu touristique et économique. Un appel entendu puisque nombres d’édifices, musées et châteaux ont été autorisés à reprendre leur activité ces derniers jours dans la région.

Mais toutes ces réouvertures en fanfare ne doivent pas faire oublier la situation périlleuse dans laquelle se trouve le patrimoine en général, à commencer par celui entre des mains privées. Les pertes de trésorerie et la baisse du nombre de visiteurs auront indéniablement des incidences sur les chantiers de restauration en cours ou en projets… Et même si certains chantiers reprennent au ralenti, dans le respect des recommandations sanitaires, comme au château de Villers-Cotterêts dans l’Aisne, d’autres devront sans doute être repoussés voir annulés, faute de moyens. Mais les restaurateurs ne sont pas les seuls à reprendre doucement le travail, les constructeurs aussi retrouvent leur ouvrage ! Comme à Guédelon, où après trois mois de silence, le chantier médiéval devrait à nouveau résonner du tumulte des ciseaux contre les blocs de pierre.

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