La bataille de la gare du Nord ne fait que commencer !

Par Sophie Flouquet Journaliste

Date de publication : 08/07/2020

Après les critiques émises par la mairie de Paris et nombre d’experts, après l’avis favorable de l’enquête publique, un nouvel épisode de la bataille qui fait rage au sujet de la gare parisienne est advenu le 6 juillet 2020. Le préfet de la région Ile-de-France, Michel Cadot, a en effet délivré le très controversé permis de construire de rénovation et d’agrandissement des bâtiments, « valant autorisation d’exploitation commerciale », « à la suite d’une instruction attentive et au regard de l’avis favorable émis par la commission (nationale) d’enquête et de l’ensemble des concertations réalisées ». Attendant pour ce faire la mise en place du nouveau gouvernement de Jean Castex et faisant fi de la fronde qui a eu le rare mérite de mettre d’accord, une fois n’est pas coutume, les défenseurs du patrimoine, la crème de la crème des architectes et urbanistes contemporains et les responsables de la Ville de Paris.

« Le gouvernement vient de s’inventer un Notre-Dame-des-Landes en plein Paris » a toute de suite commenté sur Tweeter Emmanuel Grégoire, le premier adjoint de la maire de Paris, qui annonce d’ores et déjà que toutes les voies juridiques seront empruntées pour lui faire barrage. C’est dire si la signature de ce permis délivré à la SNCF et à son partenaire, Ceetrus, filiale immobilière du groupe Auchan, est vécue comme une terrible provocation pour ses opposants.

Le gouvernement vient de s’inventer un Notre-Dame-des-Landes en plein Paris.

Emmanuel Grégoire

Si nul ne conteste le besoin de rénover et d’agrandir la gare – notamment dans la perspective des Jeux Olympiques de 2024 –, cette méga-opération à 600 millions d’euros, sur laquelle Ceetrus s’est concentré après l’abandon de son autre gigantesque opération immobilière Europa City à Gonesse, est vivement critiqué pour son caractère disproportionné mais aussi décalé des besoins des usagers et riverains, en étant avant tout un giga centre commercial (19 000 mètres carrés de boutiques et 13 000 de bureaux). Sur lequel repose le financement du projet, l’État ne voulant pas mettre la main au pot…

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