Cet été, racontez-nous la France #6 : l’Opéra-Théâtre de Metz

Date de publication : 31/07/2020

Je m’appelle Vincent et je réside à Metz, au nord de la Lorraine. Cet été, je souhaite vous faire découvrir un monument de la capitale mosellane, puisque visiter son pays c’est aussi redécouvrir sa ville et son patrimoine ! Le monument que j’ai choisi de vous présenter est celui de l’Opéra-Théâtre de Metz.

Autrefois nommé « hôtel des spectacles » et classé monument historique, l’Opéra-Théâtre de Metz est l’un des symboles architecturaux de la cité messine. Celle-ci s’est formidablement développée au siècle des Lumières grâce au petit-fils de Nicolas Fouquet : le maréchal-duc de Belle-Isle (Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle, 1684-1761), alors gouverneur des Trois-Evêchés qu’étaient Metz, Toul et Verdun.

Ambitionnant de faire de Metz une ville digne de la monarchie française, le maréchal de Belle-Isle ordonne de grands chantiers d’embellissement autour de la cathédrale gothique et sur l’île du Petit-Saulcy qui jouxte la vieille-ville derrière un bras de la Moselle. Il souhaite faire de cette île un quartier nouveau, appelé à devenir l’un des plus influents et des plus modernes de la cité où s’installera l’aristocratie messine. Nombre d’hôtels particuliers aux abords de l’île en sont aujourd’hui les témoins.

Après avoir fait assécher et paver l’île, le maréchal confie à l’ingénieur messin Jacques Oger la construction de deux bâtiments dans un style classique, signant le renouveau de Metz : l’hôtel de l’Intendance et l’hôtel des spectacles. Le premier étant naturellement la résidence de l’Intendant, le second devant divertir intelligemment les nombreux soldats en garnison à Metz. Ces réalisations architecturales préfigurent l’esprit des édifices de la place d’Armes.

Inauguré en 1752, l’hôtel des spectacles est constitué d’un corps central flanqué de deux pavillons où résidaient les gouverneurs successifs jusqu’à la Révolution puis les officiers supérieurs. C’est un édifice en pierre de Jaumont, une pierre locale de couleur jaune avec laquelle fut construite l’ensemble de la vieille ville, conférant à celle-ci une unité architecturale et un charme certainement méridional. En 1759, les trois bâtiments sont reliés entre eux par un portique à arcades. A l’occasion de l’exposition universelle de 1861, Charles Pêtre réalise des sculptures d’angelots qui viennent couronner l’édifice central et symbolisent différentes disciplines scéniques : la Tragédie, la Comédie, la Poésie lyrique, la Musique et l’Inspiration. De cette époque datent également les armoiries impériales figurant sur le fronton ainsi que son décor intérieur toujours en place.

Il s’agit du plus ancien théâtre à l’italienne encore en activité en France, qui fut très tôt équipé d’un éclairage électrique (1887). Il est aussi l’un des rares dans le pays à posséder ses propres ateliers de costume et de décors lui permettant de créer des spectacles uniques.

Enfin, la place de la Comédie est devenue un lieu incontournable de Metz puisqu’elle offre un exceptionnel panorama sur la ville haute et sa cathédrale. Un spectacle, cette fois, purement contemplatif !

Vincent Poulain

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