Cet été, racontez-nous la France #11 : le village de Larressingle

Date de publication : 19/08/2020

Norbert a visité Larressingle, plus petit village fortifié de France surnommé « le petit Carcassonne gersois ». Et il a été conquis. Il nous raconte l’histoire et la magie de ce lieu hors du temps pour ce onzième épisode de notre série « Cet été, racontez-nous la France ! ».

Le Gers est une terre bénie des dieux : douces collines verdoyantes, mer de vignes, somptueuse végétation méditerranéenne (bananiers géants, cannas pourpres flamboyants..). Et au milieu coulent des rivières, se dressent des châteaux forts, des abbayes et s’offrent de ravissants villages aux façades de pans de bois colorées.

Celui de Larressingle (10 km à l’ouest de Condom) constitue le plus petit village fortifié de France. Il a été bâti au XIIIe siècle autour d’une église romane du XIIe, elle-même fortifiée, et d’un donjon, transformé du XIVe au XVIe siècle en château résidentiel par les seigneurs du lieu, abbés puis évêques de Condom.

Miraculeusement épargné par la guerre de Cent Ans, à peine touché par les guerres de religion, ignoré par la Fronde, le village n’en a pas moins subi un inexorable déclin.

À tout seigneur, tout honneur : l’évêque de Condom à démonté à la fin du XVIIIe siècle la charpente du donjon, pour en doter son nouveau château. Il ne reste donc plus rien des aménagements intérieurs et c’est miracle que les murs en soient encore debout. Ensuite, les habitants entassés dans le village (quarante maisons, contre douze actuellement) ont inévitablement dégradé les murailles, puis ont progressivement abandonné le village (4 maisons habitées à la fin du XIXe siècle) du fait de son insalubrité. Celui-ci est donc tombé en ruine, entraînant celle de ses murailles.

Jusqu’à ce que le cinquième (et dernier) duc de Trévise le découvre, en tombe amoureux, crée un comité de sauvetage en 1926 et entame les travaux de restauration avec l’aide de financiers de Boston, également tombés sous le charme, travaux désormais achevés.

Il faut visiter le village en fin de journée, quand les touristes sont partis et que les projecteurs font surgir les vielles pierres de la pénombre. Puis, attablé sur une terrasse de café, se laisser envahir par « le temps retrouvé » et son sentiment d’éternité, dans le silence de la campagne… L’effet est tout simplement magique !

Norbert Wach

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