Cet été, racontez-nous la France #12 : l’abbaye Saint-Wandrille

Douzième et dernier épisode de notre série « Cet été, racontez-nous la France ! ». Un grand merci à tous les chroniqueurs pour nous avoir fait vivre, tout au long de l’été, ce beau tour de France du patrimoine ! Et pour finir en beauté, Cosme, étudiant en master d’histoire, nous emmène découvrir l’abbaye Saint-Wandrille, qu’il connaît bien puisqu’il y a travaillé comme guide bénévole. Belle rentrée à tous, sous le signe du patrimoine !

L’abbaye Saint-Wandrille est située en Normandie, dans le département de la Seine-Maritime, sur la commune de Rives-en-Seine. Classée Monument historique, cette abbaye bénédictine est vieille de 14 siècles.  

Elle fut fondée le 1er mars 649 par son saint patron en personne. Elle s’appelait alors abbaye de Fontenelle du nom de la rivière qui la traverse. Ce n’est que vers le Xe siècle que l’on commença à l’appeler abbaye de Saint-Wandrille. Mais saint Wandrille n’est pas le seul saint à avoir résidé en ces lieux. En effet, plus d’une quarantaine de saints sont venus chercher Dieu dans ce vallon de la Fontenelle, d’où son appellation de « Terre des Saints ».  

Toujours est-il que l’abbaye souffrit beaucoup tout au long de son histoire : des invasions vikings au IXe siècle, de l’accroissement du pouvoir du roi de France sur son clergé, de la commende, des guerres de religion, de la Révolution française, de l’anticléricalisme du début du XXe siècle, de la Seconde Guerre mondiale…  Sans compter les incendies, en 754 et en 1247.  

Ce ne sont là que les principaux tourments d’une présence multiséculaire. Mais l’ordre bénédictin finit toujours par revenir malgré de nombreuses fuites et exils. Aujourd’hui, la communauté, membre de la congrégation de Solesmes, compte une trentaine de frères, et même quelques novices.  

Réputée pour son atelier de restauration de tableaux, l’abbaye a diversifié ses activités économiques en se lançant en 2016 dans la production de bière. Elle est aujourd’hui la seule abbaye française à pratiquer le brassage de bière, et ce au sein même du monastère !  

Je suis attaché à cette abbaye car j’y ai travaillé deux étés en tant que guide bénévole, avec d’autres JAF (Jeunes Accueil Fontenelle). Logé dans l’hôtellerie de l’abbaye, j’ai apprécié de partager une partie de la vie des moines (surtout les repas et les offices). N’hésitez pas à y venir pour rencontrer les bénédictins, toujours prêts à vous évoquer avec enthousiasme les vertus de la vie monastique.  

Je dois avouer que je trouve un immense charme à cette abbaye qui a su faire renaître la bière monastique et possède le plus vieux réfectoire d’Europe occidentale encore utilisé à ce jour, sa construction remontant au XIe siècle ! L’immensité de son histoire qui s’étend de la période mérovingienne au XXIe siècle me fascine. C’est assurément un lieu propice au recueillement : l’écrivain voyageur Patrick Leigh Fermor a su en traduire toute la spiritualité dans son ouvrage Un temps pour se taire. Voyage au cœur de la vie monastique (1957).

Je vous recommande chaudement de prendre la visite guidée (elle dure environ 45 minutes). Je ne dis pas cela parce que j’ai été guide, mais parce que la visite libre ne vous permet pas de découvrir autant de choses que la visite guidée (sans compter qu’il n’y a pratiquement pas de panneaux explicatifs accessibles aux visiteurs). À commencer par le cloître, seul cloître gothique complet de Haute-Normandie, dont la galerie sud, de style gothique rayonnant, a été restaurée par les jeunes en réinsertion de l’Atelier de la Pierre d’Angle.

Dans la boutique de souvenirs, vous pourrez acheter, entre autres spécialités monastiques, des produits de l’abbaye (dont la fameuse bière et la cire de Saint-Wandrille). D’autant qu’une partie de l’argent que vous versez en échange de vos tickets pour la visite guidée et/ou pour acheter des souvenirs sera utilisé pour financer l’entretien et la restauration de ce bijou du patrimoine français.  

Je vous conseille également la petite visite virtuelle proposée par l’abbaye sur son site. Elle comporte quelques photographies de parties qui sont inaccessibles au public (clôture monastique oblige !) et vous donnera un bon avant-goût de ce qui vous attend là-bas !

Cosme de Lustrac

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