Préservons le Combray de Proust du fléau éolien

Par Aliénor Harzo

Date de publication : 15/09/2020

Dans un article publié le 28 avril dernier, PAJ-mag dénonçait le projet éolien de la vallée de la Thironne qui prévoit l’implantation de 8 à 12 éoliennes sur les communes de Montigny-le-Chartif, Vieuvicq et Méréglise. Ce nouveau parc éolien, porté depuis 2017 par la société JP Énergie Environnement (JPee), se situerait à proximité immédiate d’Illiers-Combray, le village ayant inspiré à Marcel Proust le Combray d’À la recherche du temps perdu. Le dossier est actuellement à l’étude dans les services de la préfecture de l’Eure-et-Loir.

Début septembre, plusieurs associations de protection du patrimoine, dont Sites & Monuments et l’ADERT, ont lancé une pétition, parrainée par Stéphane Bern, contre l’encerclement éolien d’Illiers-Combray. De fait, il s’agit d’un véritable encerclement qui se prépare puisque ce sont en tout 28 éoliennes, réparties en 4 parcs, qui pourraient être implantées dans un rayon de 5 kilomètres, au nord, au sud-est et au sud-ouest d’Illiers-Combray. Une catastrophe paysagère et touristique pour ce village pourtant site patrimonial remarquable. Pour le parrain de la pétition, « Tous les paysages si bien décrits par Proust sont devenus monuments historiques. Ce serait donc trahir son œuvre que de les détruire. »

Grand site de France, zone Natura 2000, site patrimonial remarquable, monuments historiques à proximité, ne constituent plus un obstacle pour les promoteurs et les pouvoirs publics. Biodiversité, paysages et patrimoine sont sacrifiés au nom de la « transition écologique ». La dernière victime est la montagne Sainte-Victoire. Malgré les divers recours contre le projet et l’arrêt interruptif des travaux pris par le nouveau maire d’Ollières le 30 juin 2020, le chantier a été mené à terme grâce au soutien de l’État. En effet, le préfet, allant contre une décision de justice, a refusé de suspendre les travaux et les 22 mâts prévus sont désormais en place. L’exploitation des machines est certes provisoire – un dossier de demande d’autorisation environnementale doit être déposé dans un délai d’un an – mais le démontage d’un parc déjà construit et opérationnel semble malheureusement peu probable.

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