Quelles conséquences a la Covid-19 sur le patrimoine ?

Par Victoire Becker

Date de publication : 28/10/2020

À l’occasion de la 26e édition du Salon international du patrimoine culturel, les dirigeants des grandes fondations et associations du patrimoine français se sont réunis afin de discuter de l’impact de la Covid-19 sur les différents acteurs du patrimoine, le grand sujet du moment. Se retrouvaient : Gilles Alglave, président des Maisons paysannes de France, Christine Bru-Malgras, vice-présidente de Patrimoine Environnement, Alexandre Giuglaris, responsable des affaires publiques de la Fondation du patrimoine, Julien Lacaze, président de Sites & Monuments, Olivier Lenoir, délégué général de Rempart, Olivier de Lorgeril, président de la Demeure historique, Olivier de Rohan, président de la Sauvegarde de l’Art français, Aude Tahon, présidente du Salon international du patrimoine culturel ainsi que d’Ateliers d’Art de France et Philippe Toussaint, président des VMF.  

Acteurs dans divers secteurs du patrimoine, tous les participants ont décrit les impacts néfastes de la crise : réduction du tourisme, arrêt total des travaux de restauration, manque de clients pour les artisans, etc.  

Ils ont aussi soulevé la question de l’aide financière de l’État. Bien que le plan de relance soit un atout pour le patrimoine, puisqu’il permet, comme le souligne Philippe Toussaint, « des possibilités de financement qui n’existaient pas », son intérêt reste limité. Julien Lacaze a démontré que les 614 millions d’euros ne suffiront pas à sauver tout le patrimoine. Plus de la moitié servira à éponger le manque à gagner des grands espaces publics, 80 millions permettront la sécurisation des cathédrales – action essentielle se permet de nous rappeler Julien Lacaze – et seuls 40 millions seront destinés aux sites patrimoniaux. 

Olivier de Lorgeril rappelle cependant que « l’on ne vit pas des subventions, mais du tourisme ». Il est essentiel que tous les grands acteurs du patrimoine conseillent les propriétaires-gestionnaires et leur proposent des solutions. À ce sujet, les VMF et la Demeure historique ont déjà fait des propositions à leurs adhérents concernant à la fois la gestion du monument et sa relance. 

La question de l’environnement revient souvent dans les discours, car la nouvelle mode est à l’écologie et non au patrimoine. Tous les participants demandent la fin des subventions sur l’éolien et que les lois d’isolation thermique par l’extérieur ne soient pas applicables au patrimoine architectural.  

Enfin, tous soulignent l’importance de la mobilisation de visiteurs et bénévoles, particulièrement à l’échelle locale. L’objectif est, comme le rappelle Olivier de Rohan, de « conserver la mémoire de l’histoire dans le territoire ». Pour cela, de nombreuses activités sont mises en place pour familiariser enfants et adultes au patrimoine. Aude Tahon souligne que « la période nous invite à être acteurs d’outils digitaux qui rendent visibles » car, comme le dit Olivier Lenoir, le patrimoine est « un fait de société qui concerne l’ensemble des citoyens »

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