Histoire d’Aix-en-Provence

Par Victoire Becker

Date de publication : 31/10/2020

« On définit généralement et un peu trop sommairement la ville [d’Aix-en-Provence] par sa population et ses activités » déclare Florian Mazel dans l’avant-propos de l’ouvrage Histoire d’Aix-en-Provence. Aidé de Noël Coulet, il publie donc un livre d’histoire de la ville exhaustif, précis et illustré, ce qui n’a pas été fait depuis les années 1970. L’objectif est de briser l’imaginaire créé autour de la cité. 

Le livre se compose de 13 chapitres rédigés par des spécialistes, tous décrivant une époque en particulier. Le style du livre est très inégal : on observe une montée en puissance des chapitres, mieux écrits vers la fin du livre qu’au début. Les trois premiers chapitres présentent l’évolution architecturale et urbaine de la ville d’Aquae Sextiae Salluviorum, une ville non pas créée par les Romains mais par des habitants de la région. Il existe très peu d’informations sur cette ville antique et toutes proviennent de fouilles et d’analyses archéologiques contestables. Bien que le récit soit plus précis qu’il y a 50 ans, il reste purement conjectural. 

Nous avons plus d’informations précises sur la ville à partir de l’Antiquité tardive. La ville reste très romaine jusqu’au VIIe siècle. À partir des XIe et XIIe siècles, les grandes familles nobles affluent et au XIIIe siècle, Aix devient la capitale de la Provence puis du royaume de Naples. Au XVe siècle, la ville s’organise autour de son bon roi René, dont la vie est relatée en détails dans le livre. Aix est rattachée au royaume de France au XVIe siècle et connaît une période de développement fantastique au XVIIe siècle. À partir du XVIIIe siècle, la position politique d’Aix-en-Provence devient très ambiguë. Décrite dans les derniers chapitres comme un lieu où toutes les opinions convergent, elle a été le spectacle d’événements marquants, tels que le regroupement de personnes « indésirables » par les nazis, ou encore les réunions résistantes. 

L’ouvrage souligne aussi l’importance de la religion dans l’histoire d’Aix-en-Provence. Apparue seulement à partir du IVe siècle, elle ne se développe qu’à partir du Ve siècle et donne lieu à la construction de nombreux édifices autour desquels s’organisera la ville. Les ordres mendiants s’y installent au Moyen-Âge et contribuent au développement de la cité. 

Les liens complexes qu’Aix-en-Provence entretient avec ses voisines sont aussi décrits de façon relativement détaillée. Le lecteur comprend que c’est une relation à la fois de dépendance, d’entraide et de rivalité, que la ville entretient avec ses proches voisines, Marseille et Arles.

Impossible de parler de la ville sans mentionner son rayonnement artistique. D’ailleurs, le dernier chapitre du livre est dédié à l’art. Un peu dommage qu’il soit séparé du reste du livre… 

On ne sait pas très bien à qui se destine ce livre : il n’est pas fait pour le grand public, mais ne possède pas assez de détails ni d’informations pour attirer les spécialistes. Peut-être pourrait-il plaire au passionné cultivé de la ville d’Aix-en-Provence ? 

Histoire d’Aix-en-Provence, sous la direction de Noël Coulet et Florian Mazel, Presses universitaires de Rennes (PUR), 2020, 336 pages, 45 €

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