La restauration de la Merveille du Mont-Saint-Michel

Par Victoire Becker

Date de publication : 05/11/2020

Dans la prolongation de sa campagne de restauration, le Mont-Saint-Michel a décidé de remettre à neuf la façade et le toit de la Merveille, le bâtiment nord de son abbaye du XIIIe siècle. Les travaux, orchestrés par Degaine, une filiale de Vinci spécialisée dans les monuments historiques, ont démarré le 2 novembre, alors que le second confinement venait d’être déclaré.  

La Merveille, construite entre 1212 et 1228, est un exemple exceptionnel d’architecture monastique, qui prend en compte les spécificités géologiques du Mont-Saint-Michel. Ce bâtiment succède à des édifices antérieurs, dont il ne reste aujourd’hui que l’église Notre-Dame-sous-Terre. Il est constitué de trois étages respectant la hiérarchie de l’époque. Au rez-de-chaussée, un cellier permettait de conserver les denrées alimentaires et une aumônerie accueillait les pèlerins communs. Au deuxième étage, la salle des hôtes était ouverte aux invités de marque et la salle des chevaliers servait de scriptorium. Enfin, au troisième étage, le cloître et le réfectoire étaient réservés aux moines. Ces pièces ont connu des modifications au gré des effondrements, des incendies, des réaménagements et des restitutions.

Une trentaine de compagnons de secteurs différents travailleront ensemble sur le projet de restauration du toit et de la façade de la Merveille qui connaissent, selon le Centre des monuments nationaux, une « dégradation sanitaire importante ». En effet, une poussée de lichen a fragilisé la pierre, créant des infiltrations d’eau et un délitement des ardoises du toit, vieilles de 150 ans. Les menuiseries extérieures et les vitraux seront étudiés et, si cela est nécessaire, nettoyés.

La restauration de cet édifice emblématique de l’art gothique normand est un véritable défi pour les compagnons. Depuis quelques jours, des hélicoptères survolent le Mont-Saint-Michel, apportant tous les éléments nécessaires au chantier, qui s’étendra sur 8 000 mètres carrés. La Merveille sera recouverte d’un échafaudage d’une taille à peu près similaire à celle de l’Arc de triomphe de Paris et un ascenseur y sera installé, permettant aux compagnons d’accéder aux différents étages.

Les visiteurs pourront voir la Merveille du Mont-Saint-Michel restaurée dans deux ans et demi, grâce aux 7 millions d’euros attribués par le ministère de la Culture. En attendant, une fois le confinement terminé, ils pourront toujours visiter l’intérieur de ce joyau architectural.  

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