La Perche face à l’éolien

Par Victoire Becker

Date de publication : 23/12/2020

Temps de lecture : 4 minute(s)

Le Berry est actuellement la cible de nombreuses entreprises de développement d’énergies renouvelables, qui multiplient les projets. C’est le cas de la commune de La Perche, dans le Cher. Cette dernière risque d’accueillir des éoliennes construites par ERG, développeur de parcs éoliens et solaires en France et en Europe, ce qui suscite de vives oppositions.

C’est en 2016 que débute le projet. Sept éoliennes doivent être construites sur le plateau de La Perche. Le maire accepte, se disant qu’elles constitueront un réel atout économique pour sa commune, qui a perdu 56 000 euros d’aides de l’État depuis 2012. Le groupe ERG lui promet que le parc rapportera 210 000 euros la première année et 14 000 euros les 15 suivantes. 

Dans un premier temps, les initiés restent discrets sur le projet, susceptible de susciter de nombreuses oppositions. Il est finalement révélé au public en 2018, et fait alors l’objet de trois ateliers de concertation. Selon Jérôme Legrain, président de l’Association de défense de l’environnement de La Celette et de ses environs (ADELCEL), « ces trois réunions sont de véritables mascarades visant à donner l’impression aux habitants de la région que leur opinion compte ». À l’issue de ces concertations, le projet est revu à la baisse et ne compte plus que quatre éoliennes, sur les sept initialement prévues.

Un premier dossier de demande d’autorisation environnementale est déposé auprès des services de l’État en février 2020. Après une demande d’informations complémentaires, un second dossier s’apprête à être déposé. En novembre 2020, le conseil municipal fait voter l’autorisation d’accès à des chemins privés pour les travaux communs : sept voix contre trois. Le projet ne fait pas l’unanimité. 

Et pour cause. Alors que le groupe ERG assure qu’une étude environnementale et paysagère a été menée entre 2017 et 2019, les opposants au projet montrent que l’installation d’éoliennes sur le plateau de La Perche serait problématique. C’est sans parler du financement de ce projet, qui sera racheté par l’État français peu de temps après sa construction, comme la loi l’exige. 

Ce serait d’abord une véritable nuisance sonore et visuelle pour la région, alors que « l’attractivité naturelle du lieu est une source de revenus », nous explique la propriétaire du château d’Ainay-le-Vieil Arielle Borne. Avec son mari, elle a entrepris une longue campagne de restauration du château, afin d’attirer des touristes. Placer des éoliennes en pleine perspective du village rendrait tous leurs efforts vains. 

Ce projet éolien est aussi « inadapté aux réalités géographiques locales », nous rappelle Jérôme Legrain. Le Berry ne possède pas de grandes plaines favorables à la construction d’éoliennes. Pourquoi vouloir les placer en haut d’un petit plateau ? De plus, elles dessècheraient la terre et nuiraient à la faune : le brassage de l’air ferait fuir les nombreuses espèces d’oiseaux de la région et augmenter la pression atmosphérique, ce qui ferait exploser les organes internes des chauves-souris. 

Jérôme Legrain et son association mettent tout en œuvre pour arrêter ce projet. Ils organisent des sondages, notamment dans la commune de La Celette, où 88 % des habitants s’opposent au projet. Ils distribuent des panneaux « La Perche NON aux éoliennes » à tous les propriétaires qui le souhaitent et assistent à des réunions et aux conseils municipaux. Récemment, ils ont aussi mis en place une pétition, signée par près de 1 000 personnes.

L’enquête publique est prévue pour 2021 et le projet pourrait encore être refusé. Tout n’est donc pas perdu et comme le rappelle le délégué VMF du Cher : « ce combat est un travail de longue haleine ! »

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