De nouveaux « fous de patrimoine »

Par Victoire Becker

Date de publication : 19/02/2021

Temps de lecture : 5 minute(s)

Le 25 janvier dernier, la nouvelle édition de l’opération « Fous de patrimoine » a démarré. Une fois de plus, quatre projets de restauration sont choisis et mis en avant afin d’être soutenus par les dons de tous les amoureux du patrimoine.

Créée en 2013 par la Fondation VMF, « Fous de patrimoine » est une opération de mécénat participatif qui a lieu en général une fois par an. Elle repose sur les réseaux sociaux et les nouvelles technologies. Sur le site internet des VMF, toute personne qui le souhaite peut faire un don qui sera directement versé aux propriétaires des domaines choisis. Cette année, quatre candidats ont été sélectionnés.

Le premier, le château de Braux-Sainte-Cohière, se trouve dans la Marne, entre Sainte-Ménehould et Valmy. Ce quadrilatère flanqué de quatre tours d’angle a été construit dans les années 1580 par Philippe de Thomassin. Après une histoire mouvementée, le château est laissé à l’abandon au début du XXIe siècle. Il est alors racheté par Nicolas et Anne-Héloïse Pernin. Aidés de leurs neuf enfants, de bénévoles de l’Association des amis du château et de mécènes des environs, ils passent leur temps libre à restaurer le château. La remise à neuf de la toiture et de la menuiserie a pu commencer, notamment avec l’aide de la mission Bern en 2019. Cependant, il est nécessaire de consolider les maçonneries, car l’une des tours se désolidarise du reste de l’édifice. De plus, l’alternance d’hivers gorgés d’eau et d’étés très secs a entraîné un dévers des murs. À cet égard, les propriétaires ont besoin de 66 000 euros.

Le deuxième monument choisi pour cette édition des « Fous de patrimoine » est l’abbaye de Cherlieu, fondée en 1131 par les compagnons de Bernard de Clairvaux et gravement touchée par la Révolution. En 2017, l’abbaye est rachetée en partie par Jean-Paul et Jacqueline Borsotti qui étaient déjà parvenus à sauver le château de Vallerois-le-Bois. Les toitures doivent être restituées en urgence, notamment au-dessus de l’ancienne conciergerie et du réfectoire. La salle du grand escalier du palais abbatial nécessite aussi une importante restauration. Pour cela, la Fondation VMF tente de récolter 43 000 euros, qui seront distribués entre autres à Anthony Mercier, ferronnier d’art, qui restaurera la rampe de l’escalier selon un dessin reprenant des éléments d’autres ouvrages similaires dans la région.

Cette année, le manoir de l’Aumônerie fait, lui aussi, partie de l’opération. Construit en 1214 par les Templiers, il est un rare exemple d’architecture civile du XIIIe siècle. Il est composé d’un logis en pierre calcaire, d’une tourelle d’escalier, de deux bâtiments accolés au logis et d’un ensemble de bâtiments construits autour d’un enclos, ainsi que d’une chapelle du XVIe siècle et d’un puits de 100 mètres de profondeur. L’ensemble est racheté en 2018 par Erwan et Sophie-Isabelle de Saint-Seine qui y font des premiers travaux afin d’ouvrir des gîtes. L’objectif actuel est de restaurer le pressoir du manoir, très endommagé. Grâce à la mission Bern, ils ont pu commencer à en réparer la toiture, mais le financement des travaux est loin d’être atteint. La Fondation VMF souhaite récolter 26 000 euros pour financer la première partie des travaux, qui devront coûter au total près de 300 000 euros.

Enfin, la Fondation a choisi le château de Goudourville, dans le Tarn-et-Garonne. Construit avant l’An Mil, c’est un lieu stratégique au XIIe siècle, car situé aux frontières du Royaume de France. Au XVIIIe siècle, le bâtiment est remis au goût du jour par Louis de Berdolle. Depuis une vingtaine d’années, le château est la propriété de Geneviève et Jean-Christophe Mifsud. Ils y font des travaux importants, qu’ils financent grâce à des réceptions et à la location. En 2020, les propriétaires découvrent qu’ils doivent faire des travaux d’étanchéité imprévus : l’escalier risque de s’effondrer à cause de l’humidité. Après avoir fait une première tranche de restaurations, ils ont besoin de 30 000 euros pour le financement de la seconde.

Depuis sa création en 2013, « Fous de patrimoine » a aidé 27 projets en parvenant à lever 500 000 euros de fonds. Cette année, près de 14 000 euros ont été levés pour ces quatre bâtiments en moins d’un mois. Mais les objectifs de cette année sont loin d’être atteints, les « Fous de patrimoine » ont besoin de vous pour récolter encore plus de 150 000 euros !

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