Des étudiants mobilisés pour la charpente de Notre-Dame de Paris

Par Agathe Archambault

Date de publication : 25/02/2021

Temps de lecture : 4 minute(s)

Trente jeunes architectes et ingénieurs, fédérés au sein d’un programme d’études scientifiques et universitaires lancé à l’initiative de l’association « Restaurons Notre-Dame », viennent de révéler la première phase de leurs travaux autour de la restauration de la charpente, de la flèche et de la toiture de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Ils sont trente jeunes ingénieurs et architectes diplômés du Master 2 « Génie Civil Architecture Bois Construction » de l’École nationale supérieure d’architecture de Nancy (ENSAN) et de l’École nationale supérieure des technologies et des industries du bois d’Épinal (ENSTIB) et ils se sont engagés dans un grand projet : contribuer à la restitution de la charpente, de la flèche et de la toiture de Notre-Dame de Paris. 

Au sein de « Restaurons Notre-Dame », association culturelle d’intérêt général créée au lendemain de l’incendie et constituée d’acteurs de la filière bois venus de tous horizons (conservateurs, architectes, ingénieurs, scientifiques, experts du patrimoine, chercheurs, universitaires, entrepreneurs, compagnons, etc.), ces étudiants se sont joints à une « commission de coopération scientifique, technique et universitaire » qui, sous la supervision d’un comité d’experts, s’est donné l’objectif de « fournir des éléments et des outils d’aide à la conception et à la décision » pour la restauration de la charpente, de la flèche et de la toiture de la cathédrale.

Une mission en trois phases dont la première, qui implique ces jeunes diplômés, vient tout juste d’être révélée et prend la forme de six scénarios de restauration. Des travaux que Paolo Vanucci, membre du Comité d’experts du programme et professeur des universités en ingénierie mécanique à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, conçoit d’abord comme des « avants-projets » dont l’objectif est, au delà de leur « valeur formative pour les étudiants », d’appréhender « le spectre, vaste, des problématiques qui se présentent lors de la conception d’une telle structure ».

C’est ainsi « l’équivalent d’un dossier d’étude et de recherche, de 350 pages avec plus de 500 illustrations » qui a été remis, le 15 janvier dernier, par ces étudiants à Jean-Louis Georgelin, président de l’Établissement public chargé de la conservation et de la restauration du monument, ainsi qu’à Philippe Villeneuve, architecte en chef de Notre-Dame de Paris. « Les propositions pour les charpente, flèche et toiture de Notre-Dame prennent en compte différents critères comme le nombre de points d’appui, la conservation ou la réduction du poids propre de l’ensemble de la charpente, le choix du matériau de couverture, la maintenance de la charpente et de la couverture, la sécurité incendie, etc. », précise l’association.

La phase 2 du programme étudiera les assemblages de la charpente et de la flèche, les effets gravitaires et climatiques qu’elles devront subir sur le long terme ainsi que le cycle de vie de l’ancienne charpente. Pour se conclure par une troisième phase qui permettra d’élaborer une proposition finale de restauration synthétisant tous les travaux du comité d’experts et de la commission de coopération scientifique.

Membre d’honneur de l’association « Restaurons Notre-Dame », Stéphane Bern saluait, au lancement de l’opération, l’engagement de ces étudiants ainsi que le « rassemblement des savoirs professionnels et compagnonniques, scientifiques et maintenant universitaires nécessaires au succès de cette reconstruction »

Les six scénarios conçus par les étudiants sont à découvrir sur le site de l’association « Restaurons Notre-Dame ».

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