Urbex et propriétaires

Par Philippe Jary Juriste chargé du conseil aux adhérents
Temps de lecture : 3 minute(s)

Le service juridique des VMF propose des conseils pratiques au sujet de problématiques auxquelles les propriétaires doivent couramment se confronter. Cette semaine, un point sur la question de l’urbex.

Le mot « urbex » vient de l’anglais « urban exploration », « exploration urbaine » en français, activité consistant pour les « urbexeurs » à explorer des propriétés privées, des lieux inaccessibles au grand public ou interdits d’accès car abandonnés ou désaffectés. Cette discipline, marginale il y a quelques années, compte aujourd’hui de nombreux adeptes – plus ou moins bien intentionnés. Si à l’origine il s’agissait surtout de photographes partant explorer des friches industrielles, des usines abandonnées ou des ruines, aujourd’hui, avec la démocratisation du phénomène, on déplore de nombreuses intrusions dans des propriétés privées, châteaux, manoirs ou résidences secondaires inhabitées dans l’attente d’une vente, de l’issue d’une succession ou en dehors des vacances. Ainsi, il est important de rappeler que ces intrusions dans des lieux d’habitation privées constituent des violations de domicile passibles de sanctions pénales.

Certains adeptes de l’urbex se fixent des règles de bonne conduite en s’interdisant de communiquer les adresses des biens explorés, en veillant à ne pas toucher ni emporter aucun objet et en ne laissant aucune trace de leur passage. Cependant, d’autres individus qui peuvent leur succéder, souvent encouragés par des vidéos postées sur la toile, ont parfois moins de scrupules, se permettant de squatter les lieux ou de se servir d’objets de valeur. Nous avons reçu plusieurs témoignages de propriétaires dont les châteaux sont régulièrement visités malgré les clôtures et panneaux d’interdiction d’entrer, avec des volets et fenêtres forcées pour y pénétrer. Ainsi, il est conseillé de veiller à faire installer des systèmes de vidéo-surveillance par caméra, avec alarmes d’intrusion. Aussi, il convient d’entretenir régulièrement le jardin et les terres de la propriété, afin de montrer qu’elle n’est pas laissée en déshérence. Des voisins peuvent être alertés sur la nécessité d’une surveillance des allers et venues proches de la propriété. Enfin, dans le cas où des intrusions seraient constatées, il conviendra de porter plainte auprès de la gendarmerie : ainsi, même si les chances de poursuite pénale des intrus sont minces, les statistiques des pouvoirs publics en seront au moins mises à jour.   

Cette rubrique est offerte par le service juridique des VMF. Pour plus d’informations ou pour des conseils personnalisés, prenez contact avec nos experts : juridique@vmfpatrimoine.org.  

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