Nancy : réouverture de la villa Majorelle

Par David Jouet

Date de publication : 02/02/2020

Poussiéreuse et fermée depuis plusieurs années, la villa Majorelle commencera une nouvelle vie ce 15 février 2020, jour de son ouverture à la visite. Monument majeur de Nancy et véritable manifeste de l’Art nouveau, il a été commandé par l’artiste et décorateur Louis Majorelle et élaboré par l’architecte Henri Sauvage. Sa construction, en 1901 et 1902, a mobilisé tout un réseau d’artistes et de décorateurs de l’École de Nancy, pour qui l’habitation fut une œuvre d’art totale mais aussi un incroyable terrain d’expérimentations.

La Ville de Nancy a impulsé un vaste projet de restauration de la villa Majorelle : les travaux ont d’abord été conduits à l’extérieur, en 2016 et 2017, puis à l’intérieur en 2019. L’ambition était de restituer l’état connu avant 1926, sans incidence sur l’état structurel de la villa. Ainsi, le bow window qui dénaturait la perception de la façade a été supprimé. Par ailleurs, parti a été pris de limiter les interventions afin de conserver les effets d’usure pour donner la sensation au visiteur de pénétrer dans l’intimité des Majorelle. Le projet scientifique s’est en outre attaché à trouver un compromis entre conditions optimales de sécurité et accès libre dans les différentes pièces. Il est demandé aux visiteurs de réserver en ligne et de porter des sur-chaussures afin de préserver les sols.

La rénovation intérieure, dont la première phase a coûté 1 800 000 euros, devrait se poursuivre en 2021 et 2022 avec pour objectif de restituer la salle de bain et de créer des espaces pédagogiques. Nancy ayant été un centre d’impulsion de l’Art nouveau en France, la Ville s’emploie à mettre en valeur cette histoire et ce patrimoine. L’ouverture au public de la villa Majorelle vient aujourd’hui compléter les collections présentées au musée de l’École de Nancy. Une centaine de meubles, peintures et objets d’art, pour partie d’origine, sont en effet présentés dans la villa. Particulièrement remarquable, la salle à manger, qui accueille en son centre la cheminée en grès flammé dessinée par Alexandre Bigot. Utilisée comme outil de séparation spatiale, elle préfigure certaines architectures intérieures de Le Corbusier.

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